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29 décembre

La purge karmique

Qui n’a pas entendu dire que les épreuves douloureuses purgent le karma ? Cela est-il vrai ou faux ?

Déjà, que signifie "purger" ? Subir pour payer une dette, ou se nettoyer des habitudes malsaines et de l’aveuglement (se purifier l’esprit) ? Dans le premier cas, on ne fait que purger une dette.

Tu sors de prison ? Tu es donc libre… de commettre à nouveau quelques crimes, avant de retourner en prison, et ainsi de suite !

Y a-t-il un sens à errer dans une ronde perpétuelle où les périodes de plaisirs, excitations et attachements alternent avec les périodes de douleurs, afflictions et dépressions ? Si vous pensez que non, vous chercherez probablement le moyen de sortir de ce mécanisme vicieux, en apprenant à votre esprit à ne plus entrer dans ce jeu du karma.

Qu'est-ce que l’accomplissement spirituel, si ce n'est d'arriver à sortir pour de bon de ce jeu sans fin ?

La purge qui importe n'est donc pas la purge du karma, mais la purge des impuretés, à savoir l'aveuglement, l'attachement et le mécontentement. C'est là qu'interviennent vigilance et réflexion (ou introspection). Sans ces dernières, une expérience affligeante ne sert sert qu'à purger un peu de dette karmique. En observant cette expérience, en la contemplant en profondeur, en l'acceptant pleinement, en l'accueillant telle qu'elle est, en gardant en conscience les aveuglements ou attachements ou mécontentements qui ont causé cette expérience désagréable, fatigante ou inutile, l'esprit tendra naturellement à lâcher prise sur le grand jeu infernal du karma.

C'est cela, la purge des poisons intérieurs, qui est souvent confondue avec la "purge karmique". D'ailleurs, le karma ne se purge pas, ce sont les dettes qui se purgent, tandis que de nouvelles sont crées sans cesse. Le but est de ne plus créer de karma, grâce à la purge des impuretés, justement. Comme un feu qui cesse lorsqu'on cesse de l'alimenter.

Kassinou le détracteur
Et le bon karma, alors ?

Le karma n'est jamais bon. Il est le combustible du jeu sans fin des misères et des morts. Le "bon karma" n'est qu'une façon de parler pour désigner une période de conditions propices dues à un comportement passé sain (vertueux, généreux, bienveillant). Mais cela ne suffit pas.

Tant que les impuretés (l'aveuglement avant tout) ne sont pas nettoyées en profondeur, même les êtres les plus vertueux, les plus bienveillants, les plus "religieux" finissent tôt ou tard par retomber dans les états les plus bas, soit à cause du comportement qui finit par changer (au fil des vies), parce que les poisons n'ont pas été éradiqués, soit à cause des vues erronées, qui karmiquement peuvent être plus dangereuses que le meurtre !

En clair, tant que l'aveuglement n'a pas été purgé, nul n'est épargné par le risque du retour à la case misère. Prenez donc grand soin à purger ce qui crée perpétuellement de la dette.

tweeté par isi

La différence entre désir et nibbāna ? L’un est la faim des sens, l’autre la fin des sens.

19 décembre

Le désir est-il utile ?

Bouddha a dit: « C'est une perle rare en ce monde que d'avoir un cœur sans désir ». Le désir n'est-il pas le moteur de toute réalisation spirituelle ou matérielle ?

Il y a deux notions que l’on confond fré­quem­ment, d’une part le désir, d’autre part le souhait.

Le désir, c’est l’attachement à ce qui est perçu comme agréable. Il peut aller des plus subtils attachements aux avidités les plus torrides. Dans tous les cas, le désir engendre de l’insatisfaction. Si l’objet du désir n’est pas obtenu, on éprouve contrariété ou insatiabilité, s’il est obtenu, dès qu’il cesse, on éprouve frustration ou manque. Et bien sûr, plus l’objet d’un attache­ment est grand, plus le processus d’obtention est coûteux (effort, attente, crainte de ne pas l’obtenir, difficultés…)

Par définition, un désir ne peut être que malsain.

Le principe du désir
Le désir est un mécanisme de l’illusion qui laisse croire qu’une expérience sensorielle (liée aux 6 sens), quelle qu’elle soit, en vaille la peine. Au contraire, il ne contribue qu’à ignorer la vision correcte de la réalité et à faire tourner l’esprit en rond dans le cycle sans fin des vies, des morts et des souffrances physiques et morales de toutes sortes.

Le souhait, c’est l’espoir qu’une chose se produise. Un souhait peut être sain ou malsain. Quand il est sain, il ne peut concerner que des choses bénéfiques, donc libres d’attache­ment, de mécon­ten­tement et d’aveu­glement.

Dans ce cas, souhaiter revient à se dire « Je pense sincè­rement qu’il serait bien que… » Ainsi, l’être éveillé n’a plus aucun désir. Il ne peut que souhaiter des choses bénéfiques. Souhaiter l’accom­plis­sement spirituel est donc sain et ne comporte aucun désir.

Si le désir est le moteur de la réalisation matérielle, il n’est qu’un frein à la réalisation spiri­tuelle, puisque celle-ci ne peut se produire que lorsque le cœur s’est délesté de tout désir.

Cependant, il y a un paradoxe, et c’est lui le responsable de cette fréquente confusion. Quand on est encore sous le joug du désir et de l’illusion, on ne peut bien natu­rel­lement pas avoir une idée correcte de ce qu’est un esprit éveillé. Un esprit alimenté de désir, mécon­ten­te­ment et illusion ne peut pas savoir ce qu’est un esprit libre de ces poisons. Lorsqu’on souhaite parvenir à l’accom­plis­sement spiri­tuel, ce souhait est inévi­ta­blement mélangé avec du désir. Un désir de jouir du fantasme qu’on a de l’Éveil.

L’expérience de l’Éveil est la cessation des sens. Pourtant, on ne peut que la concevoir à travers la seule chose que nous connais­sons : les sens.

La méprise du désir
Le désir, c’est la carotte d’un bonheur qui n’existe pas. On cherche le bonheur dans les plaisirs, alors qu’il réside précisément dans leur absence !

Il est donc bien normal d’avoir du désir pour la fin du désir. On parle là d’ailleurs du seul "bon désir", puisqu’il s’agit du seul désir qui pointe vers sa fin.

16 décembre

Rencontre avec une invitée

Rien d'extraordinaire, juste un peu amusant…

Depuis la fin de l’été, je vis dans un nouvel appartement, avec un colocataire fort accueil­lant. C’est pour moi un monastère (ou plutôt un "ascétostère") parfait, bien chauffé, calme, la plupart du temps vide. Impossible de rêver mieux pour la méditation.

Les visiteurs sont rares. Un matin, en me rendant à la cuisine pour mon petit-déjeuner, alors que tout le monde dort, je trouve une femme allongée sur le canapé. Quelques heures plus tard, elle se réveille.

  • Moi − Bonjour, vous voulez boire ou manger quelque chose ?
  • Elle − Vous avez du café ?
  • Moi − Heu… je crois, mais j’ignore comment faire fonctionner la machine.
  • Elle − Ah bon ??
  • Moi − C’est que je ne bois pas de café.
  • Elle − Bizarre ! Bon, je vais me débrouiller.

Elle parvient à utiliser la machine.

  • Elle − Il n’est pas réveillé, encore ?
  • Moi − Visiblement pas.
  • Elle − Je n’ai aucune idée de comment j’ai atterri ici. J’aimerais bien qu’il me le dise.

Elle allume de la musique sur son smartphone.

  • Elle − C’est quoi, ta musique préférée ?
  • Moi − Le silence.

Elle éteint sa musique, mais pas pour longtemps.

  • Elle − Tu écoutes bien de la musique !
  • Moi − Jamais.
  • Elle − Même pas un peu de musique douce ou d’ambiance ?
  • Moi − Pour moi, la musique c’est de la poussière dans les oreilles.
  • Elle − Mais tu sors d’où, toi ?
  • Moi − D’une grotte.
  • Elle − On pourrait le croire !

Je retourne dans ma chambre. Elle me suit. Curieuse, elle passe la tête dans ma chambre.

  • Elle − Wahou ! C'est minimaliste !

Elle s'en va, on se dit au revoir.

  • Elle − C’est quoi, ton prénom ?
  • Moi − isi.
  • Elle − easy ?
  • Moi − Non, issi.
  • Elle − izi ?
  • Moi − isssi, comme ici.
  • Elle − OK, salut ici !

13 décembre

Lectures recommandées

Vous voulez commander un peu de lecture au papa Noël ? J’ai quelques recommandations…

Je lis peu, mais parfois, je tombe sur un ouvrage qui tend à élargir efficacement notre vision des choses (conscience, société humaine, fonctionnement du cerveau, monde non matériel…)

Les bouquins "spirituels" (hors Dhamma) m’apparaissent généralement décevants, car bien qu’ils prodiguent souvent de beaux conseils pour le travail sur soi au quotidien, ils finissent par glisser systématiquement dans cet aveuglement récurrent, qui consiste à voir l’Éveil comme un éternel bain d’océan d’amour et de béatitude, voire de "communion divine".

Jamais on n’évoque le détachement, le renoncement, le contentement, le silence, la perception des choses telles qu’elles sont, le discernement, le fait de se libérer du désir, des sensations, de l’insouciance. Au lieu de cela, on prône le contraire de ces choses. On comprend facilement pourquoi Bouddha affirmait que son enseignement allait à contre-courant de tout le reste. Ainsi, dans ces ouvrages "spirituels", tout est fait pour consolider les croyances de chacun dans ses plaisantes illusions.

C’est pourquoi j’ai une préférence pour des écrits moins "spirituels", mais plutôt "scientifiques", dans la mesure où l’on y glane des éléments qui aident à comprendre des choses sur le fonctionnement de l’esprit.

Avec les livres suivants, j'ose penser que vous ne serez pas déçu(e) :

  • Sapiens (excellent), par Yuval Noah Harari
  • Le bug du cerveau humain (incontournable), par Sébastien Bohler
  • Nouvelle Terre (fort bien amené, hormis une fin fantasque), par Eckhart Tolle

Et sur le Dhamma :

  • Manuel de méditation (sur la méditation profonde), par Ajahn Brahm
  • La sagesse du moine (des petites histoires drôles sur la sagesse au quotidien), par Ajahn Brahm
  • La pensée bouddhiste (technique, mais brillamment exposé), par Thierry Falissard

Bonne lecture !

11 décembre

Qui veut prendre sa place ?

Imaginez. Vous choisissez une jeune personne, quelqu'un que vous trouvez beau – tant qu'à faire ! Vous le tuez, ou plutôt, vous le faites tuer, c'est plus facile !

Vous l'installez chez vous de façon à ce qu'on le voie bien. Vous le couvrez de magnifiques bijoux et parures. Vous faites la fête autour de lui. Quand il perd ses cheveux, vous le mettez à la poubelle.

C'est ce que la plupart des gens font avec un sapin.

Kassinou le détracteur
Le mien est en plastique !

Formidable, il n'y avait justement pas assez de plastique pour polluer la Terre.

Kassinou le détracteur
Bon, j'avoue, j'ai un vrai sapin. Mais il ne faut pas exagérer, ce n'est qu'un végétal, après tout !

C'est sûr, mais je voulais rester soft. J'aurais tout à fait pu parler de dinde, d'oie ou de saumon…

10 décembre

Film [2/2]

Le scénario est écrit. Reste la relecture / réécriture, le plan de tournage, la préparation du tournage, la recherche des lieux et accessoires, l'acquisition du matériel pour filmer et prendre le son, effectuer des tests divers, trouver les acteurs manquants, etc.

Le tournage était prévu pour mars 2022, mais étant donné la situation politique en Birmanie, ce ne sera probablement pas avant la fin de la saison des pluies, ce qui nous reporte vers novembre 2022…

30 septembre

Film [1/2]

Mon incapacité à baigner en méditation profonde, mes capacités à façonner des histoires, à filmer, à organiser un tournage, mes attache­ments et les opportunités que je rencontre font qu'il n'est pas possible que je m'abstienne de réaliser un nouveau long-métrage. Certes, c'est avant tout pour servir la noble cause. Et tant qu'à jouer la comédie (comme nous le faisons à peu près tout le temps), autant le faire utilement !

Après avoir médité un peu, fait les courses, cuisiné, mangé et fait ce que j'ai à faire sur internet, je vais consacrer le peu de temps restant à la préparation de ce film.

Ce blog ne sera donc plus alimenté durant une longue période. Je reste néanmoins touché par votre fidélité, et vous souhaite de poursuivre votre pratique de la vie dans les meilleures conditions possibles.

L'avancement du projet sera indiqué en haut de cette page, jusqu'à sa mise en ligne sur YouTube, sachant que rien n'est certain, étant donné que le tournage est prévu en Birmanie, actuellement plus ou moins en guerre. Sans parler des restrictions sanitaires, parfois plus folles que la guerre elle-même.

29 septembre

La prison du temps

Si vous prenez l'habitude d'être vigilant(e) à ce que vous faites, c'est-à-dire au moment même où vous le faites, sans vous soucier de ce qui s'est produit avant ou de ce qui va se produire ensuite, vous n'êtes jamais nostalgique ou en regret de la veille, jamais impatient(e) ou inquiet(e) du lendemain. Vous êtes sorti(e) de la prison du temps.

Kassinou le détracteur
Facile à dire ! J'aimerais bien rester pleine­ment dans l'instant, mais je n'ai pas le temps !

Mais tu n'as pas besoin de temps, pour cela. Cela ne prend aucun temps… de rester hors du temps !

Celui qui abandonne le temps se défait du gros de ses problèmes. Il ne subsiste que de subtiles miettes, sur lesquelles il peut alors mieux appliquer son travail de nettoyage.

27 septembre

À chacun son Kassinou

Voyez vos détracteurs comme des maîtres. Parfois, un maître encourage, mais il pointe régulièrement vos faiblesses, ce sur quoi il faut travailler. Si vous rencontrez un "Kassinou", vous pouvez sauter de joie, car il offre la belle oppor­tunité de cultiver les plus grandes qualités : l'accep­tation, la patience, le déta­che­ment, l'humi­lité, la bien­veillance…

Alors souvenez-vous quand quelqu'un semble hostile ou exagérément critique envers vous, voyez le comme un "Kassinou bienfaiteur".

 
Kassinou le détracteur
Bienfaiteur ? Ah, enfin, tu le reconnais ! Alors sans moi, tu n'es rien ! Désormais, je devrais te faire payer mes interventions.

26 septembre

La sagesse, c'est pour tout le monde !

Les plus grands sages n'ont pas été désignés par un dieu pour apparaître spontanément avec l'esprit noble et pénétrant. Tous ont commencé ignorants comme des vers de terre.

Ne l'oublions surtout pas, la sagesse est une chose qui peut se cultiver n'importe quand, n'importe où, et par n'importe qui. Le plus sot des sots, s'il reçoit des conseils raisonnables, s'il aspire à ce qui est sain, pourra déjà, avec un soupçon de bonne volonté, accomplir quelques pas vers l'Éveil, comme l'alpiniste qui fait quelques pas dans la vallée s'approche de L'Everest.

Si ceux qui arrivent à l'Éveil sont si rares, c'est parce que lorsqu'ils sont dans la vallée et qu'ils lèvent les yeux vers les cimes enneigées, les autres se disent :

  • À quoi bon ? C'est beaucoup trop haut pour moi !
Kassinou le détracteur
Et comment un sot, qui n'a donc pas de discernement, peut savoir si une pratique est correcte ou pas ?

Eh oui, comment se fait-il qu'autant de monde adhère à des religions fondées sur des mythes, des mystères et des croyances invérifiables ? Le problème, c'est qu'au début, il faut se cogner la tête assez souvent avant de comprendre que ça fait mal, ils faut tomber dans des crevasses avant de réaliser que ça n'est pas le bon chemin.

Plus on se rapproche du sommet d'une haute montagne et plus c'est dur. Néanmoins, la bonne nouvelle, c'est que plus on se rapproche de la pleine sagesse et plus c'est facile, plus c'est encourageant, moins on risque d'aban­donner.

En outre, pour vous qui lisez ceci, je suis sûr que la vallée est déjà loin derrière !

Continuez de vous abstenir de ce qui est malsain, acceptez au mieux les épreuves du quotidien, observez vos émotions, préférez les choses simples. La sagesse est déjà en vous, il faut juste l'arroser un peu chaque jour.

Ajahn Brahm a écrit :
La sagesse ne consiste pas à apprendre, mais à voir clairement ce que personne ne peut nous enseigner.

24 septembre

Qui a vraiment tort ?

Ceux qui veulent toujours avoir raison ne progressent pas. S'ils y tiennent, laissez les croire qu'ils ont raison, même si ce n'est pas le cas.

Apprenez à vous moquer de ce que les autres pensent de vous. Même celui qui sait mille fois moins de choses que vous peut vous apprendre quelque chose. Le gagnant est celui qui apprend, pas celui qui montre qu'il sait ou qu'il a raison.

23 septembre

Preuve du karma ?

Comment pouvez-vous être si sûr de l'existence du karma ?

Le karma n'est pas une chose qui se prouve à l'aide d'une équation mathématique. On ne peut en développer une compréhension qu'à travers sa propre expérience.

Le principal problème avec le karma, je dirais, c'est que ce sont ceux qui ont le plus besoin d'y faire attention qui sont le moins en mesure de le distinguer. Mieux nous sommes établis sur la voie du détachement, et mieux les connexions karmiques paraissent évidentes.

Me concernant, bien que je m'attache encore à des pensées ou aux pizzas que je me façonne, à peu d'exception près, je ne peux pas produire un acte ou une intention, bénéfique ou pas très bénéfique, sans en récolter rapidement le résultat, et sans qu'il n'y ait de place possible pour le doute. Il en va toujours ainsi, parfois dans les plus petits détails. C'est pourquoi je ne me fais aucun souci concernant mon logement et ma nourriture, même si souvent je me retrouve sans rien et sans savoir où aller. Une solution satisfaisante finit toujours par tomber au bon moment.

Ce que je n'ai jamais lu dans les textes et que mon expérience me montre au quotidien, c'est que plus l'esprit se détache, et plus se réduit le délai des conséquences de ses pensées, paroles et actions. C'est pourquoi les grands voyous peuvent sembler impunis, les grands gentils jamais récompensés, mais un jour ou l'autre, inévitablement, ils bénéficieront tous du résultat de leurs actes.

Croire au karma ou pas, le voir ou pas, peu importe ! L'important est de soigner la qualité de ses pensées, paroles et actions. Lorsque vous vous irritez contre les autres parce que vous ne parvenez pas à obtenir l'objet d'un désir, vous êtes contrarié(e) et vous vous sentez mal, n'est-ce pas ? Si quelqu'un réagit mal envers vous, mais que vous demeurez plein(e) d'amabilité envers lui, vous vous sentez bien et léger(ère), n'est-ce pas ? C'est bien normal, pensez-vous ? Et bien c'est cela, le karma !

Bien sûr, le karma est parfois beaucoup plus complexe que cela, et c'est pourquoi il est difficile à appréhender. Comme lorsque vous vous cassez la cheville, ou lorsque vous gagnez un voyage sur des îles de rêve. Mais attention, le karma "voit" toujours beaucoup plus loin que nous, il se produit toujours en fonction de ce que nous méritons. Votre séjour sur l'île de "rêve" peut tourner au cauchemar, et à l'hôpital (pour la cheville cassée), vous pouvez rencontrer la plus importante personne de votre vie !

C'est pourquoi quoi qu'il arrive, il est toujours plus profitable de garder un état d'esprit favorable.

22 septembre

Tendre vers la fin du karma

Le karma est d'une complexité insaisissable. Néanmoins, son principe de base est d'une grande simplicité. Des états d'esprit les plus malsains aux états d'esprit les plus sains, nous récoltons toujours ce que nous semons.

D'où l'importance de demeurer vigilant à nos actes et pensées, afin de tendre à nous extirper du grand bourbier dans lequel sont piégés nos esprits, plutôt que de nous y enfoncer plus encore.

Kassinou le détracteur
N'importe quoi ! Il y a de redoutables criminels à qui tout sourit et d'honnêtes âmes qui vivent sous l'oppression.

Une vie n'est qu'une brève expérience de l'esprit, ce n'est que le résultat de tant d'autres. Si tu n'y crois pas, crois au moins aux conséquences de tes actes dans la vie présente.

Si tu cultives un esprit modeste, ouvert aux autres tels qu'ils sont, et attentif aux détails bénéfiques, tu auras le cœur léger, baignant dans un paisible bien-être, même si tu vis dans la pauvreté.

Si tu cultives un esprit exigeant, fermé aux autres et borné aux petits problèmes du quotidien, tu auras le cœur lourd, baignant dans un bouillonnant mal-être, même si tu vis dans la richesse.

Accepter, observer, comprendre. Tel est le chemin qui conduit à la fin des atta­che­ments, et par conséquent à sortir du bourbier, car ce sont nos attachements qui nous main­tiennent sous le joug du karma.

19 septembre

Un monde de copieurs

N'avez-vous jamais observé des enfants jouer au papa et à la maman, à la dînette ou à la poupée ? Les avez-vous déjà vu faire autre chose que reproduire des phrases, expressions, intonations et gestes qu'ils ont vus ou entendus chez les adultes de leur entourage (ou à la télévision) ? On peut le constater, ils ne font que mimer leurs aînés, et pas qu'en jouant, mais dans de nombreuses situations.

En réalité, nous réagissons tous de la sorte ; nous ne faisons que mimer, mais bien sûr, nous n'en sommes pas conscients. Lorsque vous débarquer dans un milieu qui vous est encore étranger, comment réagissez-vous ? Que ce soit un cadre professionnel, un monde artistique, un domaine social ou un contexte religieux, ne commencez-vous pas par examiner les autres et à les imiter ? C'est la même chose avec ceux que nous admirons, y compris des héros de cinéma. Peut-être pas dans leurs actes (comme Superman ou Spiderman), mais au moins dans certains de leurs gestes et façons de s'exprimer.

Nous fonctionnons tous ainsi et c'est bien naturel. Un chiot ne miaulera pas. S'il est élevé par une chatte, il ne chassera sans doute pas les souris, car ses gènes et instincts sont spécifiques, mais il adoptera des com­por­tements différents des autres chiots.

Bref, les petits ne font que copier les grands, et les débutants les expérimentés. À la rigueur, ils ont le choix de copier plutôt certaines choses que d'autres, mais ils ne créent pas des attitudes propres à eux.

S'il n'en était pas ainsi, comment expliquer que dans chaque culture ou région, les individus adoptent relativement les mêmes manières, les mêmes gestes, les mêmes grimaces et expressions, les mêmes formules, voire les mêmes croyances ?

Kassinou le détracteur
Et ça sert à quoi, ce que tu nous racontes, par rapport à la sagesse ?

À comprendre que l'environnement dans lequel nous vivons est crucial, car nous sommes beaucoup plus influençables que nous voulons bien le croire. À comprendre aussi que nous n'avons pas de personnalité propre, celle-ci n'étant qu'un agrégat de toutes ces petites choses que nous avons aimé copier tout au long de notre existence.

Ainsi, nous ne faisons que jouer une comédie et en sommes généralement inconscients. Et ce que nous appelons "être original" n'est qu'une façon un peu plus subtile de copier. Se sentir original n'est donc qu'un attachement à une illusion.

Kassinou le détracteur
Alors d'après toi on est fichus, juste condamnés à se singer les uns les autres !

Non, il y a un moyen de se sortir de ce spectacle insensé. Particulièrement rares sont ceux qui le font. Pourtant c'est très simple. Il suffit de devenir simple spectateur, c'est-à-dire d'observer pleinement ce qui se passe, de rester vigilant dans l'instant présent, de ne pas s'attacher au monde et donc à l'idée d'en faire partie. Parce que ce qui nous pousse à faire continuellement partie de ce spectacle de mime, c'est l'attachement à "être quelqu'un" : le plus fort des attachements.

18 septembre

Qu'est-ce qu'un monastère ?

Un monastère, ce peut être mille choses différentes, tout dépend de la perception de chacun.

Pour certains, un monastère est un endroit esthétique, avec une belle décoration et un jardin soigné. Pour d'autres, c'est un lieu mystique où sont organisés des rituels qui apportent la chance. Ou une résidence pour des êtres extrêmement respectables, vêtus d'un uniforme impressionnant. Ou un lieu de prière où trônent des statues sacrées. Ou un centre dans lequel on peut aller raconter ses problèmes quotidiens. Ou un lieu de fêtes religieuses, d'études de textes secrets, conçu pour les solitaires, pour ceux qui veulent fuir la réalité, pour ceux qui veulent mieux la pénétrer, dédié à la méditation, aux arts martiaux, au thé, à la calligraphie, etc.

À mes yeux, dans 99 % des cas, un monastère, c'est un théâtre. On y trouve des gens comme les autres, qui se contraignent plus ou moins au célibat et au jeûne le soir. Ils accordent avant tout de l'importance à leurs beaux costumes qui doivent toujours être impec­cables. Ils jouent – avec plus ou moins de talent – leur rôle de personnage noble et imperturbable. Ils se donnent des airs humbles, une expression de compassion, une contenance exagérément calme.

Cependant, au fond d'eux, ils sont rongés par les attachements, l'avidité, la jalousie, l'ambi­tion et l'illusion, parfois bien plus que les "spectateurs" qui viennent assister à leur "pièce".

J'ai beaucoup d'affection pour ces âmes égarées qui font passer l'apparence avant l'esprit, et, en raison de leur aveuglement, courent droit dans la direction opposée indi­quée par Bouddha, l'inventeur des monastères.

Ce dernier répétait souvent que la résidence du moine devait seulement offrir un cadre propice à la pratique du détachement, et qu'en aucun cas, elle ne devait faire l'objet d'un quel­conque… attachement justement ! Ce que les moines d'aujourd'hui ne racontent pas, c'est que Bouddha faisait détruire les monastères qui ne respectaient pas certains points, ce qui concerne la plupart des monastères confor­tables et à l'esthétique soignée.

Puissent les acteurs quitter la scène – voire leur déguisement – et comprendre l'importance de vivre simplement, délaissant ce qui n'est pas vital, et assumant chaque imperfection en l'acceptant pour ce qu'elle est.

12 septembre

Qu'est-ce qu'une montagne ?

De retour d'une randonnée auprès de (et non sur des) cimes avoisinant les 4000 m, me voilà de retour dans les odeurs et les couleurs de la pollution citadine, pollution extérieure étant bien sûr la conséquence de la pollution inté­rieure.

Touchant les hauts sommets de mes yeux, j'ai songé à une chose : que sont ses sommets à qui nous donnons des noms et qui sont si célèbres, voire mythiques ?

Prenons un exemple avec le Mont-Blanc. Qu'est-ce que le Mont-Blanc ? Le pied de la montagne, dans la vallée, est-ce aussi le Mont-Blanc ? Va-t-il jusqu'au fond de l'océan, ou jusqu'au centre de la Terre, puisque toute la roche ne forme qu'une seule planète ? Mais on dit bien que le Mont-Blanc est à 4809 m, non pas, par exemple, de 2217 m à 4809 m. Ce qui veut dire que la partie située à 4808 m n'est pas le Mont-Blanc, ni même tout ce qui se situe en dessous du point culminant. Le Mont-Blanc n'est pas même la molécule de glace ou de roche la plus haute, mais le sommet de cette dernière. Alors si vous prélevez 1 cm³ autour de cette molécule et le mettez dans votre poche, pouvez-vous dire que vous détenez le Mont-Blanc ?

  • Regardez, je possède le Mont-Blanc, le Cervin, l'Eiger, le Fuji et le K2, ils sont sur le rebord de ma cheminée. Pour L'Everest, un type a été plus rapide que moi, alors ce que vous voyez là n'est qu'une copie, mais elle est rudement bien imitée, n'est-ce pas ?

Quelqu'un pourrait rétorquer que le Mont-Blanc ne peut que se trouver à 4809 m d'altitude, au sommet de cette proéminence rocheuse. Alors si vous déposez votre décap­suleur sur le point le plus haut, votre décapsuleur EST le Mont-Blanc ? Si vous vous asseyez là, vous ÊTES le Mont-Blanc ? Peut-être pensez-vous que le Mont-Blanc, ce ne peut être que la roche rattachée au tout, tout le bloc de ce massif montagneux qui culmine jusqu'à 4809 m ?

Pourtant, aucune partie de ce bloc ne pourrait, seule, être appelée "Mont-Blanc". Et qu'en est-il de l'érosion ? Quand le sommet ne sera plus qu'à 4759 m, nous parlerons toutefois encore du "Mont-Blanc" – dans la mesure où il y aura encore des êtres parlant le français.

Kassinou le détracteur
Bon, où tu veux en venir ? Pas la peine de nous faire toute une montagne !

De la même façon qu'un mont n'est pas une chose en soi, il n'y a rien en chacun de nous que nous pouvons appeler "moi". À l'instar d'un sommet, l'esprit n'a pas d'entité. Il n'est pas une chose durable, ni même saisissable. Il n'est que le point culminant d'un ensemble de condi­tionnements et d'une suite de causes et effets. Ce n'est qu'une montagne d'expériences, d'ha­bi­tudes et de manières de réagir.

Toute cette montagne intérieure, dans un instant donné, peut donner l'illusion d'un "moi", solide et inébranlable. Cependant, rien en elle, aucun instant, aucun sentiment, aucun trait de caractère, ne peut à lui seul définir un "moi", une personne ou une person­nalité.

Comme la montagne, l'esprit évolue, change cons­tam­ment et peut s'avérer dangereux si on n'apprend pas à le dompter. Ce n'est qu'un agrégat de phénomènes physiques et mentaux (seulement physiques concernant la montagne, n'en déplaise à ceux qui vénèrent l'esprit des "montagnes sacrées"). Ce n'est qu'un mirage qui dure un peu.

5 septembre

Ne nous méprenons pas sur la bienveillance

Pendant longtemps, j'ai cru que la bien­veillance, c'était éprouver un puissant senti­ment d'amour, d'être en quelque sorte en pleine extase, irradiant d'un fluide qui, comme d'un coup de baguette magique, rendrait aimables tous ceux qui vous approchent. Comme cela ne fonctionnait pas beaucoup, j'étais souvent frustré.

La bienveillance, c'est beaucoup plus simple que cela. S'il fallait l'expliquer en une courte phrase, je dirais que c'est avant tout d'accepter pleinement chaque être tel qu'il est. Aussitôt que ce point est respecté, aucun nuage ne cache plus la joie du cœur.

Le tout est donc de parvenir a accepter pleinement chaque être tel qu'il est. Qui qu'il soit et quoi qu'il fasse, il a toujours sa place dans votre cœur. Une clé efficace pour ce faire ? Ce que chacun pense, dit et fait à chaque instant n'est que le résultat de son conditionnement. Par ce fait, on voit combien la colère est inutile, ridicule et aveuglante, en plus de générer beaucoup de souffrance.

Kassinou le détracteur
Parce que toi, tu ne t'énerves jamais, peut-être ?

Jamais contre quelqu'un, ni contre un chien, d'ailleurs. Mais c'est vrai qu'il m'arrive de m'irriter contre une chose, comme une application qui plante après avoir saisi un long texte. je tâcherai d'y être plus vigilant. En tout cas, merci de pointer ouvertement mes points faibles, c'est le meilleur cadeau que tu puisses me faire !

Même quelqu'un qui vous insulte ou accuse à tort, tout dans son expérience l'a incité à ça. Comme l'eau d'une rivière ; si elle coule à tel endroit, c'est qu'elle n'a pas pu couler ailleurs.

La compassion, c'est com­prendre que l'autre ne comprend pas.

Une seconde clé : nous méritons tout ce qui nous arrive dans les moindres détails. Si quelqu'un se moque de vous, vous pouvez lui en être reconnaissant, car même si c'est sûrement inconscient de sa part, il vous donne l'opportunité de vous nettoyer. Si vous ne l'acceptez pas, vous restez sale et continuerez de rencontrer des obstacles similaires. Alors soyez sages et acceptez-le avec le sourire, comprenant que vous ne faites que payer ce que vous avez vous-même commis par le passé.

Kassinou le détracteur
Une troisième clé ?

Travaille déjà avec ces deux-là, il y a déjà plus que de quoi faire ! Tu n'auras plus besoin de clé supplémentaire pour cultiver la bienveillance, car tu ne tarderas pas à obtenir un passe-partout. Mais peut-être que toi, tu as besoin d'une troisième clé pour commencer. Alors la voici :

Une maman demeure totalement bienveillante à l'égard de son bébé, même s'il lui hurle, défèque et vomit dessus, n'est-ce pas ? Saches bien que tous les êtres – non accomplis – ne sont que des bébés. Ils ont besoin de ta bienveillance pour grandir.

1er septembre

Focaliser ou laisser faire

Dans la méditation assise, la priorité est-elle de rester sur l'objet jusqu'à ce que l'esprit se calme, ou faut-il tout lâcher et laisser l'objet venir naturellement ?

Dans tous les cas, il faut tout lâcher ! Être totalement détendu est primordial. Pour le reste, tout dépend ce que l'on cherche à développer.

Si on vise la méditation profonde (samatha), un esprit aiguisé, capable de rester parfaitement stable, prêt à percer les voiles les plus épais, on tâchera de rester verrouillé sur l'objet. En même temps, on ne force rien. C'est la toute la subtilité de samatha ; on laisse l'esprit se poser sur l'objet le plus délicatement du monde. Pour ce faire, on reste bien immobile, les yeux toujours fermés, bien que selon l'objet (comme la bienveillance), on peut aussi pratiquer en se déplaçant.

Si on vise la méditation de la vigilance à l'instant présent (vipassanā), afin de développer une compréhension profonde de la réalité, des processus impliqués dans le désir et le mécontentement, et de tous les mécanismes illusoires du mental, on prend tout, puisque l'objet est tout ce qui peut apparaître à la conscience, c'est-à-dire tout ce qui est perçu, entendu, ressenti, etc. Peu importe la posture et les mouvements. La seule chose à laquelle on veille est de ne pas rompre la continuité de la vigilance. Même si des pensées s'élèvent, on sait que ce sont des pensées, on les voit se dissiper, éventuellement ce qui les a causées, les réactions qu'elles ont engendrées.

Recommandation : pour une efficacité redou­table, on ne choisit pas les objets, on ne permute pas d'un objet à l'autre comme une boule de flipper, mais on prend l'ensemble les objets comme un seul objet. C'est-à-dire que son champ de vigilance englobe tout. Faisant ainsi, en réalité, les objets permuteront constamment, mais ce processus sera naturel, donc fluide, pertinent, sans contrainte et sans fatigue.

Après, sont enseignées des méthodes qui mixent – plus ou moins – ces deux aspects de la méditation décrits ci-dessus. Un exemple flagrant est la méthode Mahāsī. Une telle fusion peut convenir à ceux qui préfèrent, pour sortir du brouillard dans lequel nous errons depuis si longtemps, combiner simulta­nément le calme à la vision pénétrante.

Mon conseil serait d'essayer pleinement chacune des trois approches : méditation profonde, méditation de la vigilance et mixage des deux. Et pourquoi pas, si l'une ne semble pas apporter plus de fruits qu'une autre, adopter les trois, une par période, comme je l'ai souvent fait.

Cependant, la vigilance globale est de loin la méditation la plus adaptée à la vie en société. Pour les autres, l'isolement est requis.

30 août

Le chemin de l'école

Les enfants reprennent le chemin de l'école, ce matin, devant chez moi. Je me demande ce qu'ils vont apprendre le plus, cette année.

À produire toujours plus pour consommer toujours plus, à jouer des coudes pour avoir un plus gros salaire et une plus belle maison que les autres, à se donner stress et pression pour obtenir plus de plaisirs, à se remplir la tête de choses qui ne leur serviront jamais ?

Ou, au contraire, à être heureux avec ce que la nature leur donne, à s'accepter et s'aider les uns les autres, à cultiver l'intérêt pour les activités saines et les qualités les plus utiles, comme le calme, la patience, l'honnêteté et la bienveillance ?

Ce qui est sûr, c'est que quel que soit le programme imposé par l'État, l'instituteur a le choix entre de nombreuses manières d'en­seigner, et quelle que soit la manière choisie, les parents peuvent orienter l'enfant sur la façon dont il assimile l'ensei­gnement qu'il reçoit.

28 août

Cessez d'arroser le désir

Si les humains ont tant de mal à trouver le bonheur, c'est parce qu'ils le cherchent à l'extérieur.

Ils ne voient pas le bonheur pur, car ils le voilent complètement avec du faux bonheur. C'est comme quelqu'un qui ne voit jamais le soleil parce qu'il opacifie sans cesse sa fenêtre avec des images de soleil.

Puissent-ils comprendre que leurs désirs sont comme de pâles images. Alors ils les laisseront choir comme des feuilles mortes, et la lumière pourra jaillir d'elle-même.

Le désir est une plante opaque qu'il suffit de laisser se faner, il ne faut pas l'arroser. Plus on l'arrosera et plus elle demandera d'eau.

Allez Kassinou, on se réveille et on reste vigilant à chacun de ses désirs !

tweeté par isi

Combien avez-vous de projets et attentes qui, accrochés à votre esprit comme les sacs de sable d'une montgolfière, l'empêchent d'être libre et de s'élever ?

22 août

Méditation et méditation

Dur dur, de méditer ?

Vous essayez depuis longtemps de faire de la méditation, mais cela reste encore difficile, ou pire, vous avez l'impression que cela devient de plus en plus ardu ?

Ne vous en faites surtout pas ! Ce n'est pas dans la "méditation formelle" qu'on progresse le mieux vers l'accomplissement spirituel, bien au contraire ! Ce qui est efficace, c'est la "méditation vigilante", d'une simplicité extrême, qui n'a pour obstacle que les mauvaises habitudes.

Mais tout d'abord, qu'entendons-nous par "méditation" ?

Méditation, 3 définitions

Chacune des trois méditations exposées ci-dessous est utile à la pratique du dhamma.

1) Ce que j'appelle réflexion. Il s'agit d'examiner minutieusement un fait, un proces­sus, pour en développer une connais­san­ce approfondie, une compréhension éclairée.

2) Ce que j'appelle méditation profonde. C'est la capacité à maintenir son esprit sur un objet unique (la sensation du souffle, une couleur, la bienveillance…), jusqu'à l'absorption totale. Cela permet ensuite de percer la réalité dans ses détails les plus subtils.

3) Ce que j'appelle simplement méditation, comme dans : "ce blog est consacré à la méditation au quotidien". La vigilance intros­pective à l'instant présent, l'observation des réactions du mental, de ses attachements, de ses habitudes.

Méditation et socialisation

Ainsi, ce n'est pas en restant assis(e) les yeux fermés, à longueur de temps, en forçant l'esprit à rester là où vous voulez qu'il reste que vous allez vous libérer. La méditation assise est bien pour gagner un peu de calme, pour reposer l'esprit où pour cultiver les absorptions quand on en est capable, mais c'est avant tout dans la confrontation des choses du quotidien et au cœur des relations sociales que vous tra­vaille­rez le mieux à votre accomplissement.

Kassinou le détracteur
Quoi ?? Toi qui nous assènes tout le temps qu'il faut pratiquer le rien et éviter les relations sociales comme la peste !

Oui, ça peut paraître paradoxal. Quand il ne se passe rien, on accepte pleine­ment ce rien. On découvre alors que ce rien est toujours rempli de plein de choses. C'est de voir ces choses qui nous donne une compré­hension correcte et appro­fondie de la réalité. Si, au contraire, comme tout le monde, on cherche à combler systé­mati­quement ces moments de rien, l'esprit ainsi diverti dérive perpé­tuelle­ment de la connaissance juste des choses.

Pour les relations sociales, il ne s'agit pas du tout de fuir les gens, mais d'éviter de se complaire et de s'investir dans les relations sociales. Car la socia­li­sation est une grande source de diversion futile pour qui vise le détachement. Dans notre contexte, il convient donc de travailler avant tout sur les diffi­cultés inévitables engendrées par les relations natu­relles du quotidien plutôt que de chercher de la compagnie dans le but de se divertir.

Méditation profonde vs méditation introspective

Kassinou le détracteur
Et pourquoi Bouddha recommandait à ses disciples de s'isoler dans la forêt pour se consacrer à la méditation profonde ?

Bouddha donnait toujours aux gens qu'il avait devant lui un enseignement clair, facile à appliquer et compatible avec leur mode de vie. Il n'enseignait samatha (la méditation profonde) qu'aux individus déjà purs d'esprit, prêts à s'y absorber.

Parmi les gens investis dans la pratique du dhamma, il semble qu'une partie importante des Occidentaux ne soient pas assez purs pour la méditation profonde, mais soient doués de sagesse, aptes à la méditation introspective. Pour les Orientaux, il semble que la tendance soit inversée.

Alors tant que l'esprit n'est pas encore assez calme, il serait vain de se forcer toute sa vie à tenter de le dompter au moyen d'une méditation d'absorption. Ce serait exactement comme essayer de manger une noix de coco sans retirer la coquille ou conduire à l'aveugle, sans retirer l'autocollant du prix qui recouvre tout le pare-brise, ou en forçant sur l'accé­léra­teur alors que le frein à main est serré.

Conclusion

Sauf troubles mentaux graves, une retraite de méditation assise intensive est certainement une riche expérience à faire au moins une ou quelques fois, mais pour la plupart d'entre nous, ce n'est pas recommandé sur du long terme.

Il existe des maîtres renommés de méditation profonde qui n'ont pas la sagesse de voir que la plupart des pratiquants ont besoin d'autre chose. Attention donc aux méthodes de forcing qui souvent apportent plus de blocages et de frustrations que de réels bénéfices.

Si vous êtes plus doué(e) en compréhension qu'au calme profond, vous progresserez bien mieux en observant les micro réactions de votre mental, vos attachements, et en demeurant vigilant(e) au fait que rien ne dure, que rien est à même de procurer satisfaction et que rien n'est stable.

Alors courir après les extases du grand calme intérieur, non ! Cultiver l'acceptation, la res­treinte, la compré­hension et la vigilance, oui !

20 août

Le bénéfice de l'effort répété

Pour rester vigilant à l'instant présent, au début, il faut se forcer un peu, mais après, peu à peu, cela finit par devenir automatique. On voit alors tout ce qui se produit en temps réel. De ce fait, on prend les bonnes décisions, on s'attache moins, on se libère des lourds fardeaux du passé et du futur. On est si heureux qu'on ne regrette pas un seul des efforts qu'on a fourni pendant longtemps.

Une habitude prend du temps à se forger. Détermination et patience permettent l'adop­tion d'habitudes saines et l'abandon des habitudes malsaines.

On n'a pas peur de fournir beaucoup d'efforts tous les jours pour gagner de l'argent. Pourtant, l'argent ne vaut rien comparé à un esprit détaché, vigilant et lucide.

Kassinou le détracteur
Tu répètes souvent les mêmes trucs, je trouve.

Dans les monastères, c'est pire ! Pour s'impré­gner des bonnes habitudes, il convient de prendre régulièrement connaissance des mêmes recommandations. Bouddha disait aux moines :

  • Dites aux gens ce qu'ils n'ont jamais entendu, et répétez-leur ce qu'ils ont déjà entendu.

Mais dis-moi, Kassinou, tes films d'action, tes musiques, tes soirées arrosées, ça ne se répète pas encore plus, tout ça ?

15 août

La richesse du vide

À longueur de journée, je suis seul dans une chambre vide, sans distraction aucune. Pourtant, ma vie est riche d'expériences, de découvertes et de compréhensions, bien plus que si je passais mon temps à fréquenter de nombreux lieux et de nombreuses personnes.

Plus on reste immobile et plus il se passe des choses, plus on ferme les yeux et plus on voit des choses.

13 août

Le professeur authentique

Céline, une "sœur dans le dhamma" qui a une excellente vision des choses, fait une pertinente constatation à propos des maîtres spirituels :

  • Un professeur authentique, n’est pas celui qui demande à ses disciples de s'adapter à lui, c'est celui qui s’adapte à ses disciples.

tweeté par isi

Ce n'est pas en méditant qu'on se détache, c'est en observant le nœud pour voir comment il s'attache.

9 août

Les paroles dures et futiles

Il est convenable d'éviter les paroles dures (grossièreté, injure, invective, irrespect…) en toute situation, y compris lorsqu'il s'agit de réprimander.

Le calme et la bienveillance ne quittent jamais l'esprit d'un renonçant.

Kassinou le détracteur
Alors t'es pas un renonçant !

J'essaie, au moins !

Voici ce que Bouddha disait – entre autres – de l'abstention de la parole dure, puis du bavardage futil, et dont nous serions si heureux que les moines d'aujourd'hui pratiquent avec autant de ferveur que les cérémonies de donations…

Pour la parole dure :

  • Ayant abandonné les discours durs, il (celui qui chemine vers l'éveil) s'abstient de discours durs. Il ne prononce que des paroles douces, agréables à l'oreille, ravissantes, allant au cœur, polies, aimables et plaisantes pour le plus grand nombre.

Pour la parole futile :

  • Ayant abandonné le bavardage vain, il s'abstient de bavardage vain. Il parle au bon moment, parle de ce qui est factuel et bénéfique, parle du dhamma et de la discipline. Ses paroles valent la peine d'être chéries ; elles sont opportunes, étayées par des raisons, mesurées et liées au bien.

6 août

L'extériorisation

Mon ami, qui se dit ermite – il faut bien se dire quelque chose ! – me demande si j'éprouve une lassitude de ce monde "si anxiogène (argent, Covid, politique, amusements…) et donc si peu propice à l'intériorisation".

  • Je pense que le monde a toujours eu et aura toujours son lot de craintes, de dangers, de maladies, de frénésies, d'avidités et d'aveuglements en tout genre. À chacun de savoir laisser de côté ce qui convient d'être laissé de côté et de se concentrer sur ce qui est propice et important.

    On ne peut changer que soi-même, voire parfois aider son entourage. Et s'il fallait se sentir touché par tout ce qui se passe de triste dans notre monde, on mourrait d'un excès de dépression !

    Quand on reste seul dans sa chambre, tout se passe pour le mieux, n'est-ce pas ?

Maintenant seulement, je constate le mot "intériorisation" ("ce monde (…) si peu propice à l'intériorisation"). Il s'agit sans doute d'une faute d'inattention (que j'ai faite également en lisant puisque je ne l'avais pas relevée) qui veut signifier "travail intérieur".

Parce que bien entendu, la pratique spirituelle est avant tout une extériorisation.

C'est celui qui ne fait que courir après ses distractions qui est intériorisé dans son petit monde tout étriqué, tout aveugle. Il ne voit rien d'autre que son petit moi. Je dirais donc plutôt : ce monde est si propice à l'intériorisation.

Le paradoxe, c'est que le travail est intérieur, mais il englobe tout l'extérieur. Plus le renonçant renonce, plus il demeure dans l'instant présent, et plus il voit le monde. Plus il abandonne son petit moi, plus il est ouvert aux autres. Plus son esprit est vide, plus il accepte le monde tel qu'il est, plus sa compassion enveloppe les êtres, plus il rayonne, plus il s'épanouit. Il s'extériorise.

Bien des méditants toujours cloîtrés dans leur cellule ou cabane sont d'une sérénité saisis­sante. Toutefois, dès qu'ils doivent sortir et faire face à quelque imprévu ou anicroche, leur sérénité vole en éclats, la contrariété et la tension prennent le pouvoir. Ce sont des méditants intériorisés (dont j'ai longtemps fait partie). Soyez donc des méditants extériorisés, qui non seulement savent tirer profit de l'iso­lement, mais aussi demeurer profondément paisible en toute situation et au contact de toute personne. Car, c'est sûr, c'est en se confrontant (et pas seulement au silence) qu'on se libère.

5 août

Les grands défricheurs

Une personne qui a renoncé à beaucoup de choses m'a adressé des questions inté­res­san­tes. Je partage donc ici une partie de mes réponses (indentées vers la droite).

Comme je me dis ascète, il me demande comment je définis cet état.

  • En réalité, un renonçant ne se prétend pas être quoi que ce soit. J'aurais pu me fondre dans la masse et passer totalement inaperçu (ce qui est parfait pour une pratique en toute tranquillité).

    Cependant, j'ai fait le choix d'afficher publi­que­ment cette image symbolique d'ascète, de "renonçant officiel" afin de donner un exemple bénéfique susceptible de susciter inspiration et motivation sur la voie du développement spirituel.

J'ajouterai que "ascète" est le mot le plus proche que j'ai trouvé pour désigner celui qui abandonne tout pour se consacrer à la libération intérieure. Comme l'esprit a besoin de tout étiqueter, j'ai préféré trouver un mot pour qu'on puisse m'étiqueter sans employer une étiquette trop inadéquate.

Il m'interroge sur mes pratiques.

  • Pour rester succinct, je dirais que, sur le plan de la discipline, j'observe divers points, incluant les 8 préceptes bouddhiques. Cette éthique me permet de m'abstenir de toute action (ou parole) nuisible, incorrecte, distractive, inutile, trop confortable… De ce fait, je me limite au minimum vital, ce qui me laisse plus de temps à la pratique intérieure…

    J'essaie de consacrer mon temps à la vigilance à l'instant présent, à l'acceptation, au détachement et à la compréhension des choses en profondeur.

Après de nombreuses années dans une congré­gation religieuse, il se voit plutôt comme moi, simplement en quête de la plénitude intérieure, hors de tous dogmes, religions et philosophies.

  • Nous sommes d'accord. La recherche de la plénitude intérieure était certainement la raison d'être de toutes les religions. Au fil du temps, l'Homme les a adaptées à l'image de ses désirs, de ses haines et de son ignorance.

    Aujourd'hui, bien qu'il existe tout de même de bons guides, il faut se débrouiller par soi-même pour trouver le bon chemin. Les grands défricheurs ont disparu depuis longtemps, et la jungle a tout recouvert.

Il me questionne sur ma vision des écrits des grands maîtres du passé.

  • J'ai un grand intérêt pour la parole de Bouddha (si méconnue et si souvent déformée) qui, manifestement, a tout compris dans les moindres détails. Il est allé bien au-delà de tout ce que j'ai pu lire et entendre. Son enseignement ne comporte pas le moindre mystère. D'ailleurs, il va beaucoup plus loin que la plénitude intérieure. Il nous donne toutes les clés pour déceler les attachements les plus subtils et pour nous libérer complètement du corps et de l'esprit.

(suite et fin au prochain post)

4 août

Réjouissez-vous de ce qui vous agace !

Considérer les contrariétés comme autant de petits trésors, telle est la clé de la réussite (sur la voie de la sagesse, s'entend). Depuis un an ou deux, ma progression a été rapide, je me suis beaucoup détaché du monde et de moi-même ! Et c'est grâce à ce petit effort de vigilance répétée sur toutes ces petites choses qui nous déplaisent. À y regarder de plus près, ce ne sont là que des impuretés qui font surface, donc autant d'opportunités de les nettoyer.

Le hasard n'est pas de ce monde. Tous les individus que vous êtes amené(e) à rencontrer, à fréquenter, même s'ils sont spirituellement beaucoup moins matures que vous, ils voient des choses que vous ne voyez pas, et même si ce n'est pas le cas, ils ont toujours le chic (parfois inconsciemment) de vous contre­dire ou de vous titiller pile-poil sur les points faibles qui vous restent. Apprenez à aimer leurs réactions (comme un spectateur qui assiste à une pièce) et à contempler tout ce qu'elles peuvent soulever dans votre esprit.

Vous ne soupçonnez pas tout le progrès que vous pouvez faire sur la voie de la Délivrance, même en restant seul(e) ou entouré(e) de gens qui n'ont que faire de cette voie. On souligne souvent l'importance d'être entouré de gens sages et vertueux, mais parfois nous n'avons pas bien le choix. Je vous le dis :

Vous n'avez pas besoin d'aller vivre auprès d'un "grand maître réputé" pour progresser. Les grands maîtres sont déjà tout autour de vous !

Film sur la Délivrance
Mon 1er film a été remis en ligne depuis des années (je viens de le découvrir). Youtube l'avait supprimé à cause d'une musique non libre de droit, mais à présent il ne le supprime plus. il est donc disponible ici :

Délivrance 2007 (2h03)

1er août

Mon monastère

J'ai trouvé mon nouveau monastère. Avec mon mode de vie, tout lieu où je m'installe est un monastère, qu'il s'agisse du pied d'un arbre, d'une cabane ou d'un château. En l'occurrence, il s'agit d'un quartier populaire truffé d'immeu­bles de 12 étages et d'autant de natio­nalités (mon monastère est au 12e étage).

Cela semble un peu loin du petit village près de la nature auquel j'aspirais. Encore des atta­che­ments ! Des idées qui ne font que passer comme des nuages ! Finalement, ça m'est bien égal. La méditation requiert de la tranquillité, pas de la forêt. Si je veux de la verdure, j'ai ma plante, et si je vais sur le balcon, je peux voir tout le Jura. Si je veux un peu d'exercice, je ne prends pas l'ascenseur. À l'écart des routes et avenues, le quartier est couvert d'arbres, il est donc calme et sans distraction, ce qui n'est pas le cas de la plupart des monastères birmans.

Mon colocataire vit sa vie de son côté. En Birmanie, dans certains monastères, il était fréquent que nous nous retrouvions entre moines pour discuter autour d'une tasse de thé (et pas seulement de méditation). Ici, il n'y a pas de diversion, pas même de choses fascinantes comme des serpents colorés, des caméléons fascinants et des araignées géantes. Je peux m'absorber à plein temps dans mon travail intérieur. Rien ne m'accapare l'esprit, rien ne m'accable, non plus, il n'y a pas de chaleur écrasante, ni d'humidité étouffante, ni de moustiques harcelants.

Cerise sur le gâteau, le supermarché est à côté, que demander de plus ?

Et pour tout dire, ce quartier m'apparaît bien plus convivial et accueillant que le centre-ville !

Dans ce petit morceau d'immeuble aussi vieux que moi, ma chambre, vide comme une salle de méditation, est juste assez longue pour y faire la marche. Pour une grande marche au grand air, rien ne m'empêche d'aller quelques jours à la montagne. Pour le reste, cette chambre est parfaite, pour y méditer, y dormir, y vivre, y vieillir, y mourir.

Que puis-je espérer de mieux ? Je n'ai plus aucun besoin. Je ne veux rien (si ce n'est de me défaire de mes derniers attachements, mais je sais que cela viendra en temps voulu). Je ne souhaite plus aller nulle part (si ce n'est vers l'extinction de la ronde sans fin des existences).

En même temps, il faut reconnaître qu'un coin paisible avec un minimum de facilités, de sécurité et de propreté, ainsi qu'un accès à une nourriture saine, constitue un condi­tionne­ment très propice au travail de libération. C'est pourquoi il est si bénéfique de soutenir les moines.

Je ne me réjouis pas même d'être à un autre moment que maintenant. Même l'idée de me retrouver à la rue ne me cause pas de peur. Je ne me soucie plus de trouver l'endroit adéquat. C'est l'endroit adéquat qui me trouve toujours. Et dans tous les cas, naturellement, mon monastère n'est pas cette chambre ou une autre, c'est l'endroit qui se trouve autour de moi, où que je sois !

30 juillet

Le paradoxe de la difficulté

Quand on est vraiment sur la bonne voie, selon son niveau, ses propres capacités, tout est facile. La difficulté est comme un panneau indicateur :

  • Vous n'êtes plus sur le bon itinéraire.

Mais comme elle n'arrive pas par hasard non plus, la difficulté est également une épreuve sur laquelle travailler, en l'accueillant comme une amie et en observant en détail tout le proces­sus mental impliqué.

Kassinou le détracteur
Chaque fois que je médite, je n'ai que des obstacles. Je comprends donc bien que la méditation, ça n'est pas pour moi !

Quand on rencontre des obstacles dans la méditation, c'est précisément parce qu'on s'en écarte. Une fois bien établi dans la méditation, il n'y a plus d'obstacles. La principale difficulté du débutant étant de trouver cet équilibre facile et naturel, et de ne pas craindre de lâcher totalement prise sur tout !

Attention : les étapes d'inconfort et de disso­lu­tion que nous pouvons rencontrer dans la méditation ne sont pas à considérer comme de la difficulté. Pour en tirer le meilleur profit, il suffit d'un peu de patience, de confiance et de vision pénétrante.

Une fois encore, qu'on la cherche ou pas, la difficulté est une chose qui sert à se corriger, à apprendre, à comprendre. Bien sûr, elle peut aussi servir à régler une dette karmique.

Quand tout est facile, on stagne. C'est la difficulté qui nous permet d'évoluer. La diffi­culté est donc nécessaire au déve­lop­pe­ment spirituel, mais à bonne dose. C'est comme la musculation. Pour développer les muscles, on pousse ou on tire un poids optimal, ni trop léger, ni trop lourd.

Trop de difficulté tue la motivation, trop de facilité endort. Une certaine difficulté s'avère donc naturelle et utile. Et quand il y en a trop, il faudrait y voir un avertissement contre le fait de s'être écarté de la voie juste.

Ainsi, un méditant raisonnable sait éviter les tracas inutiles, mais chaque fois qu'il rencontre un obstacle, il s'en réjouit !

tweeté par isi

Le renonçant n'a plus aucune activité, c'est pourquoi il médite. La méditation n'est pas une activité, c'est une désactivité.

28 juillet

Trouver son propre chemin

De la même façon qu'un poisson ne peut vivre que dans l'eau et un ver de terre que dans la terre, un renonçant (bien établi dans son renoncement) ne peut vivre que dans le non-faire et l'isolement.

Un ver de terre qui tente de s'installer sur une pierre au soleil ne tardera pas à rencontrer des problèmes. Il en va de même pour un poisson qui décide d'explorer la terre ferme. À l'iden­tique, si un renonçant tente de s'investir dans des activités, il fera face à des ennuis. S'il demeure dans le juste milieu, sans s'investir dans quoi que ce soit, en mangeant et dormant juste ce qui est nécessaire, il ne rencontrera que des facilités. Ainsi me le montre toujours ma propre expérience.

Chaque fois que je tente de socialiser un peu, de m'investir dans quelque activité, de voyager à la découverte de lieux et de gens, je subis une pluie d'obstacles. Par contre, si je me contente de ne rien faire, de trouver de la nourriture saine ou un logement pour du long terme, tout me tombe du ciel ! Je viens de trouver une chambre (en colocation) dans un appartement qui me convient. C'est le seul que j'ai visité, un jour après avoir posté des demandes.

La difficulté n'est toutefois pas une chose à éviter complètement, car elle a aussi son utilité, comme nous le verrons dans le prochain post.

La seule activité à laquelle je m'adonne, c'est partager des informations qui peuvent aider au développement spirituel. Et la méditation ? Ce n'est pas une activité, c'est une désactivité !

Si à peu près tout est futil pour un ascète, ce n'est pas le cas pour tout le monde. Par exemple, si pour un renonçant, le bénévolat ou la socialisation ne sont que des attachements à éliminer, ils peuvent s'avérer bénéfiques pour d'autres.

Anecdote
Quand, en Birmanie, j'enseignais béné­vo­le­ment aux enfants (l'anglais, la couture, la comédie…), j'entendais souvent dire :
« C'est merveilleux, ce que vous faites ! »
Pourtant, au fond de moi, j'en avais honte. Pour un renonçant, ces choses ne sont que pure perte de temps.

Il convient donc de savoir convenablement ce qui est utile pour soi, afin de bien suivre le chemin qui nous incombe. Selon qui nous sommes, nous prendrons bien soin de notre famille, de nos apprentis, de notre entreprise, de notre renoncement, ou de notre déve­lop­pement physique et sensoriel si on est un bébé. Dans tous les cas, dès l'âge de la raison, à condition d'être bien orientés, nous pouvons travailler sur notre vertu, notre détachement, notre compréhension du fonctionnement de l'esprit.

D'une façon générale, moins nous sommes investis dans les choses du monde, plus nous consacrons notre vigilance vers l'intérieur.

Autrement dit, si nous sommes attachés à bien des choses, nous avons besoin d'activités béné­fiques, mais si nous sommes peu attachés, il convient d'abandonner les activités autant que faire se peut.

Et quels que soient son chemin, ses activités et ses attachements, on travaillera avant tout sur l'abandon des habitudes malsaines et l'adop­tion des habitudes saines.

26 juillet

Tout or ne brille pas

Imaginez que vous vivez dans un pays où tout le monde est très pauvre. Vous passez du temps à creuser dans les montagnes. Un jour, vous trouvez une mine d'or qui coule à flots. Vous voulez en faire profiter vos proches, tout le monde, même. Vous leur indiquez le chemin, vous placez même de gros tas d'or devant eux. Mais ils ne voient rien. Pour eux, l'or est invisible. Ils marchent dessus tout en conti­nuant d'errer dans la misère. Quand vous leur parlez de la mine, ils n'entendent pas.

Ne vous sentez-vous pas un peu triste pour eux ? Ne trouvez-vous pas cela quelque peu dommage ?

Voilà exactement mon sentiment, avec, en place de l'or, le dhamma, l'extinction du désir, la liberté intérieure.

Rien n'est plus puissant que l'aveuglement. Il en est ainsi, cela aussi, il faut l'accepter.

Ceux qui m'entourent pensent que je gaspille mon temps, que je passe à côté des "belles choses de la vie", que je me prive bêtement des plaisirs (qu'ils perçoivent comme de l'or). Je ne trouve pas les mots pour leur expliquer que la plus belle chose de la vie, c'est la capacité à être contenté de rien, avec une constante vigilance que rien n'est stable, ni en mesure de fournir une satisfaction durable, c'est-à-dire comprendre que s'attacher à ce qui est attirant finit inévitablement par se payer, et peut nous faire tomber très bas.

En tout cas, si je continue d'écrire ce blog, c'est parce que je crois qu'une bonne partie de ses lecteurs sont capables de voir l'or.

21 juillet

Les projets, brouillard de l'esprit?

Il existe plusieurs moyens de rester vigilant à l'instant présent.

Kassinou le détracteur
Pourquoi rester dans le présent ? C'est pas formidable de se remémorer de bons souvenirs, de rêver à de beaux projets ?

Plus on s'investit dans les souvenirs agréables, plus on développe le désir d'expériences simi­laires. Et que dire des projets ! Plus on s'engage dans le désir, plus on aboutit à la peine et à l'insa­tisfaction. Comme l'écrit Thierry Falissard : "Le désir ne tient jamais ses promesses". De plus, il est non seu­le­ment coûteux en temps et en énergie de réfléchir au passé et au futur, mais aussi, les choses ne se déroulent jamais comme prévues.

Vivre pleinement le présent est le choix le plus raisonnable, le plus confortable et le plus propice au détachement. On apprend ainsi à accepter chaque situation. On ne connaît ni attente ni déception. De plus, comme les renonçants le savent bien, moins il y a d'atta­chement, plus il y a de contentement. Et les événements sont fluides et favorables, c'est-à-dire que moins il y a de souhaits, et plus les choses se déroulent selon nos souhaits.

Malheureusement, il ne suffit pas simplement de le décider pour rester vigilant à l'instant présent. C'est tout un entraînement, une habi­tude qui prend du temps à adopter correc­tement.

Comme je l'indiquais au début de cet article, il existe plusieurs moyens de rester vigilant à l'instant présent. Voici le plus efficace d'entre tous :

C'est d'abandonner tout projet, même à court terme ! Exception faite, bien sûr, des besoins vitaux. Cela requiert un détachement certain. Et s'entraîner à lâcher toutes sortes de projets qui émergent dans l'esprit est un excellent moyen de se détacher des choses.

Quand un projet se forme, on peut se dire :

  • À quoi bon ? Encore une idée inutile qui, si je la nourris, finira par m'apporter son lot de misère !

Sans vigilance à l'instant présent, noyé dans l'illusion, l'esprit façonne des projets en accord avec ses désirs, les remodelant sans cesse.

Métaphore
L'esprit présent et alerte laisse passer les idées de projets comme la feuille du nénuphar qui laisse rouler les gouttes d'eau sans jamais les laisser l'imprégner.

La question qui peut alors se poser est : pourquoi est-il si facile de rester vigilant à l'instant présent quand on est sans projets ? La réponse est simple: la majorité de nos pensées sont générées par nos projets. Ces pensées sont un brouillard, car elles brouillent la réalité. Quand les pensées se dissipent, il reste ce qu'elles cachent continuellement, mais qui est toujours là : l'instant présent.

Kassinou le détracteur
Une grosse partie des pensées est due à tous les problèmes qu'on peut avoir dans la vie.

Sans projets et sans attachements, quels problèmes véhiculant de nombreuses pensées peux-tu avoir ? Seuls tes désirs sont la cause de tous tes tourments. Songes-y la prochaine fois que tu seras sur le point de façonner de nouveaux projets.

Kassinou le détracteur
Et un accident, c'est aussi causé par mon désir ?

Un être sans attachement n'en sera pas affecté. Il n'aura pas le désir qu'il en soit autrement. Il ne sera pas l'esclave de pensées telles que :

  • Ça n'aurait pas dû arriver ! Pourquoi c'est tombé sur moi ? Comment je vais pouvoir me déplacer, maintenant ?

N'oubliez pas la métaphore de l'escalier, grimpez la marche suivante depuis celle où vous vous trouvez. C'est toujours facile de monter une marche. Si vous ne pouvez pas vous empêcher d'être submergé(e) par les projets, tenter d'en ignorer quelques-uns. Sinon, essayez de les mettre de côté pour quelque temps. En tout cas, tâchez d'en être le plus conscient(e) possible. Ce n'est que par la vigilance que le détachement est possible.

Attention
Le but n'est pas non plus de ne plus penser du tout. Les pensées sont nécessaires à la réflexion, qui nous permet de cultiver la vue juste ; une compréhension correcte de la réalité.

Faut-il le préciser ? Un esprit sans projets gagne beaucoup de clarté, de paix et de bonheur.

17 juillet

Noble parole

Vous observez soigneusement les 5 préceptes, ou les 8 ? C'est fort bien ! Maintenant, si ce n'est déjà fait, il est peut-être temps d'aller un peu plus loin dans votre travail de purification.

Kassinou le détracteur
Pourquoi se purifier ? Moi, je me sens très bien comme je suis !

La purification du comportement, c'est la base pour l'équa­nimité, l'équilibre intérieur. Et l'équa­nimité, c'est la base pour la sagesse, l'accomplissement spirituel.

En clair, la purification est indispensable pour se libérer de la condition misérable inhérente à toute existence. Même si tu manges à ta faim, Kassinou, même si tu aimes ta vie, même si tu y es attaché, tu es trop aveugle pour voir qu'elle n'est que misère. Tu ne fais que tourner en rond, courir après des sensations éphémères et de vains espoirs, t'accrocher à des situations aussi instables les unes que les autres. Si tu tournes le dos à la Noble voie, ta prochaine existence – que tu y crois ou non – pourrait être beaucoup moins confortable, beaucoup plus pénible. À toi de choisir.

Si votre choix est de cultiver un esprit propre, je vais vous parler de la Noble parole, en vous exposant ce qu'il faut faire (ou plutôt ce dont il faut s'abstenir) pour avoir un com­por­tement oral – et écrit – correct, c'est-à-dire pur, donc exemplaire.

Bouddha nous a parlé des 10 actes immoraux (akusala), rangés en trois groupes : les pensées nuisibles (la convoitise, la malveillance, les vues erronées) ; les actions nuisibles (le fait de tuer des êtres, le vol, la méconduite sensuelle) ; les paroles nuisibles, qui sont au nombre de quatre et que nous allons voir en détail de ce pas…

Les types de paroles inappropriées dont il convient de s'abstenir ne concernent pas que la voix, mais toute forme de langage imaginable (écriture, gestes, codes, messages de fumée, etc.)

Les 4 paroles nuisibles

  • Mensonge
  • Diffamation
  • Paroles vulgaires, agressives ou insolentes
  • Paroles futiles

Comme il serait trop facile de ne s'en tenir qu'à ces 4 points, vous pourrez considérer "noble" votre pratique de la parole appropriée lorsque vous serez devenu(e) irrépro­chable sur 16 points. Chacun des 10 actes immoraux com­porte 4 parties, ce qui donne un total de 40. Ainsi, 4 paroles x 4 parties = 16 points. Ces 4 parties sont les mêmes pour chaque acte nuisible.

Les 4 parties

  • Le faire soi-même
  • Le faire faire par un autre
  • Aider ou encourager quelqu'un qui le fait
  • Approuver ce fait

Par conséquent, la noble parole implique, par exemple, de ne pas encourager une personne à la grossièreté, ou de ne pas approuver une médisance.

Si cela vous semble trop de choses à faire attention, alors au moins, ne laissez pas échapper de mensonges, et concentrez-vous sur les propos futiles, qui d'une certaine façon, peuvent inclure tout type de propos nuisible. Il y a là largement de quoi travailler !

Pour avoir une idée de ce qui définit une parole futile, Bouddha disait – en substance – qu'une discussion est futile dès lors qu'elle concerne autre chose que la vertu, la stabilité intérieure, le développement de la sagesse, la libération spirituelle et tout ce qui y contribue direc­tement.

Et qui n'a pas de pensées futiles ne se laissera pas entraîner dans une conversation futile. Ce sont les pensées vaines qui génèrent les paroles vaines, car que sont les pensées, si ce n'est un esprit qui bavarde avec lui-même ?

Kassinou le détracteur
Voilà de nobles paroles ! Toi, tu ne t'adonnes jamais à la futilité, bien sûr !

Il y a 2 types de futilités ; celles qui n'apportent rien du tout et celles qui ont au moins quelque utilité. Il m'arrive de m'adonner à ce dernier type de futilités. Par exemple, lorsque je lis un texte sur une civilisation ancienne, discute de psychologie ou réfléchis à une recette culinaire.

Néanmoins, il n'existe pas de bonne excuse pour gaspiller son temps avec de la futilité. Si nous devions nous intéresser à tout ce qui est intéressant, nous n'aurions plus un seul instant pour le développement spirituel !

Kassinou le détracteur
Moi, j'adore m'adonner à des distractions bien futiles, car elles m'apportent détente et bien-être.

Ce sont tes vues erronées qui te font croire ça. C'est exactement comme de croire qu'une cigarette peut aider à soulager le stress. Si tu souhaites une détente et un bien-être réels et durables, c'est vers la méditation et le déta­che­ment qu'il faut t'orienter.

La clé du succès pour une Noble parole, mais aussi une Noble pensée et un Noble compor­tement ? Une vigilance constante.

Bonne pratique à tous !

tweeté par isi

La plus grave méprise de l'Homme est de confondre plaisir et bonheur, le premier résultant de l'excitation des sens, le second de leur apaisement. Le premier accroît la misère intérieure et l'aveuglement, le second les réduit.

8 juillet

Voyage et distraction

Le voyage n'est qu'un désir de distraction. Le voyage que je viens d'effec­tuer aura au moins servi à me faire réaliser cela, et de constater que tout est pareil partout, surtout au sein d'un même pays, surtout dans notre époque mondia­lisée. En restant près de chez soi, on peut tout autant faire de nouvelles expériences, de nombreuses rencontres, du sport, découvrir des cuisines différentes, etc.

Je suis peut-être à moitié excusable, car j'ai aussi accompli ce voyage pour du sport, pour me retrouver dans la nature, et pour chercher un lieu approprié où vivre.

Les grands sages nous ressassent que le monde est vide, alors pourquoi vouloir le parcourir ? Pour découvrir des paysages diffé­rents ? Pour ressentir des atmos­phères diffé­rentes ? Pour côtoyer des coutumes diffé­rentes ? Pour entendre des langues diffé­rentes ? Pour trouver de l'art, de l'arti­sanat diffé­rent ? Tout cela, c'est de la distrac­tion ! C'est-à-dire gas­piller son temps à la recherche de plaisir. Se faisant, on entretient son esprit dans la diversion. En d'autres termes, on le fait diverger du droit chemin, celui qui mène à la paix intérieure.

distraction
Première définition du dictionnaire :

Inattention, inapplication de la pensée aux choses dont on devrait s'occuper.

Pour moi, diversion est donc synonyme de divergence, et la culture – dans le sens de savoir ou connaissance – est aussi une distraction. Elle n'apporte rien qui ouvre, élève, purifie ou libère l'esprit. Elle ne fait que le remplir, le distraire.

Métaphore
Imaginez quelqu'un qui fait l'acquisition d'une maison. Il en fait le tour, l'observe sous tous ses angles, mais ne passe jamais la porte d'entrée, dormant à l'extérieur.

De la même façon, nous explorons le monde sans jamais visiter l'intérieur de soi.

N'oublions jamais cela: Dans le monde, tout est fait pour nous divertir, donc pour nous détour­ner de la voie de la sagesse. Soyons vigilants et restons-le !

4 juillet

Comment s'ennuyer ?

Chez mon oncle depuis quelques jours. Tandis que les invités discutaient de courses de moto et du prix des places de parking, je restais installé à l'autre bout du salon. Un peu fatigué, je restais immobile, savourant un peu de rien. Quand je me levai, un invité me demanda si je ne m'ennuyais pas. Oh, que j'aime cette question !

  • Comment pourrais-je m'ennuyer ? À l'extérieur comme à l'intérieur, il se passe toujours quelque chose ! Et s'il ne se passe rien, alors qu'espérer de mieux ? On reste en pleine paix !

Interloqué, mon interlocuteur écarquilla des yeux de hibou et resta figé comme une statue. J'aurais pu aussi lui expliquer que l'ennui n'est qu'une conséquence de l'attachement à la distraction. Sans attachement, l'ennui est impossible. En outre, observer ce qui se passe, sans plaisir ni attente, est bien plus enrichissant, voire captivant, que de jouir d'une distraction.

On en revient toujours à la même vérité : Plus le désir est impliqué, plus il y a pénibilité. Moins le désir est impliqué, moins il y a pénibilité.

1er juillet

Ne volons pas les animaux

À partir d'aujourd'hui, j'essaierai de ne plus consommer d'œufs et de miel. Le moine ne peut se per­mettre de faire le tri, il accepte humble­ment ce que les donateurs veulent bien mettre dans son bol. Il est seulement tenu de refuser la viande d'un animal qui a été tué spéci­fi­que­ment pour le donner aux moines. En tant que client d'un super­marché, je peux choisir ce que je consomme.

La bonne raison de se passer d'œufs et de miel ? Les poules ne font pas cadeau de leurs futurs petits et les abeilles du fruit de leur labeur. Prendre sans consen­tement est un vol, et cela est d'autant plus néfaste lorsque cela engendre une grande souffrance. Et nous ne parlons même pas des conditions abomi­nables de la grande majorité des élevages (qui bien sûr, sont loin de se limiter à ce pauvre volatile).

La santé n'est pas impactée, car les protéines se trouvent facilement dans nombre de pois, noix et graines. Par contre, je ne veux pas être extrême en évitant absolument tout ce qui contient un petit peu d'œuf.

Kassinou le détracteur
Et les vaches ? Elles sont consentantes ? Elles tendent leurs mamelles et disent "Tiens ! Je te donne mon lait pour que tu puisses en faire du bon fromage et de bons yogourts !", c'est ça ?

Oh toi, tu ne m'avais pas du tout manqué, mais je suis content de te revoir quand même ! C'est sûr qu'à terme, il est bien de se passer aussi des produits laitiers. Mais le renoncement forcé n'est jamais bon, alors j'y vais progressivement. Si on veut arriver à l'étage supérieur, il convient de monter les marches une à une. Passer par le mur peut s'avérer dangereux. On peut retomber bas.

Je peux aussi arrêter le lait (liquide), qui se remplace facilement par les autres laits (soja, riz, amandes…) et le beurre, qui se remplace facilement par l'huile.

N'oublions cependant pas que l'obser­vance des préceptes (les 5, et même les 8) reste bien plus importante que le végé­tarisme ou le véga­nisme. Contrai­re­ment à la malhon­nêteté ou à la distrac­tion, manger un morceau de viande n'est pas un frein à la méditation.